Enlèvement des marchandises au PAA : La FENACCI-Ports lance la 2ème édition de la tournée nationale d’information.
La Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (FENACCI), à travers son Conseil national de la FENACCI-Ports (CNF-Ports), entend renforcer la sensibilisation des commerçants sur les procédures d’enlèvement des marchandises au Port autonome d’Abidjan (PAA). À cet effet, elle a procédé, le mercredi 4 novembre 2026, au lancement officiel de la deuxième édition de sa tournée nationale d’information et d’échanges sur le processus d’enlèvement des marchandises. La cérémonie, organisée à la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), a réuni plusieurs acteurs du commerce, des représentants des administrations portuaires et douanières ainsi que des partenaires du secteur.
Maitriser les procédures…
À l’ouverture des travaux, le président de la CCI-CI, Touré Faman, a réaffirmé l’importance que son institution accorde à l’accompagnement des opérateurs économiques, particulièrement des commerçants. Pour lui, le développement du commerce ne dépend pas uniquement des opportunités d’affaires, mais également de la capacité des acteurs à maîtriser les procédures administratives, douanières, logistiques et commerciales qui encadrent leurs activités.
Il a, dans ce sens, rappelé le rôle stratégique du Port autonome d’Abidjan dans l’économie ivoirienne. Véritable porte d’entrée et de sortie des marchandises, cette infrastructure constitue un maillon essentiel de l’approvisionnement du marché intérieur, de la fluidité des échanges commerciaux et du développement des activités économiques.
La méconnaissance des formalités, des documents requis, des circuits administratifs et des différents intervenants peut entraîner des difficultés opérationnelles
Toutefois, a-t-il relevé, les procédures d’enlèvement des marchandises demeurent parfois difficiles à appréhender pour de nombreux commerçants, particulièrement ceux installés à l’intérieur du pays. La méconnaissance des formalités, des documents requis, des circuits administratifs et des différents intervenants peut entraîner des difficultés opérationnelles, des coûts supplémentaires et des retards dans les activités commerciales.
« C’est précisément pour répondre à ces préoccupations que l’initiative portée par la FENACCI-Ports prend tout son sens », a-t-il indiqué. Saluant le travail de cette organisation, Touré Faman a estimé que la deuxième édition de la tournée constitue une occasion de consolider les acquis de la première édition, tout en élargissant les actions de sensibilisation et les échanges avec les commerçants dans les différentes régions du pays.
L’objectif de la tournée
Il a également souligné que cette démarche rejoint la vision de la CCI-CI, qui milite pour un secteur privé mieux informé, mieux organisé et davantage outillé face aux exigences d'un environnement économique en constante évolution. La tournée devrait ainsi contribuer à rapprocher les institutions des opérateurs économiques, à faciliter leur accès à l'information et à instaurer un dialogue constructif entre les différents acteurs de la chaîne d'importation.
Prenant la parole, le président du CNF-Ports, Youssouf Traoré, est revenu sur les enseignements de la première édition de cette tournée, organisée du 15 janvier au 12 février 2025. Selon lui, cette première phase avait essentiellement pour objectif d'instruire les opérateurs économiques sur la nécessité de rechercher les informations auprès des structures compétentes afin de mieux comprendre les procédures d'importation et d'enlèvement des marchandises.
Elles ont notamment constitué un cadre d'échanges pour lever les équivoques autour de la prétendue cherté du Port autonome d'Abidjan
Les différentes sessions avaient également permis de mettre en évidence certaines pratiques qui fragilisent les activités d'importation et peuvent avoir des répercussions directes sur la vie chère en Côte d'Ivoire. Elles ont notamment constitué un cadre d'échanges pour lever les équivoques autour de la prétendue cherté du Port autonome d'Abidjan, tout en dissipant de nombreuses incompréhensions relatives aux coûts et aux formalités portuaires.
Pour cette deuxième édition, la FENACCI-Ports entend aller plus loin en adoptant une démarche associant information, écoute et échanges avec les acteurs concernés. L'objectif est de favoriser une meilleure compréhension des différentes opérations, de renforcer la synergie entre les intervenants de la chaîne d'importation et de promouvoir davantage de transparence dans la formation des coûts.
Privilégier les commissionnaires en douane agréés
De son côté, le secrétaire général de la communauté portuaire, Diarrassouba Tahirou, a insisté sur la nécessité de compléter les séances d'information par des ateliers de sensibilisation et de formation. À ses yeux, il ne suffit pas de mettre les informations à la disposition des commerçants. Ceux-ci doivent également être formés pour comprendre les responsabilités et les enjeux liés à chaque étape du processus. « Les gens doivent certes être informés, mais ils doivent être sensibilisés et formés. C'est une chaîne. Quand vous ne maîtrisez pas les enjeux de chaque maillon de la chaîne, vous ne pouvez pas avoir les résultats escomptés », a-t-il expliqué.
Il a particulièrement attiré l'attention des commerçants sur le choix de leurs intermédiaires. Il leur recommande de recourir à un commissionnaire en douane agréé, communément appelé transitaire, plutôt qu'à un courtier en douane. Ce dernier, a-t-il précisé, intervient comme intermédiaire sans être reconnu par l'administration des douanes.
il a indiqué que les pénalités de stationnement prolongé ont été instaurées dans les ports du monde entier afin d'encourager les opérateurs à retirer rapidement leurs marchandises
Diarrassouba Tahirou a également expliqué le principe des pénalités appliquées aux marchandises qui séjournent trop longtemps dans l'enceinte portuaire. Rappelant que les ports sont avant tout des zones de transit et non des espaces de stockage, il a indiqué que les pénalités de stationnement prolongé ont été instaurées dans les ports du monde entier afin d'encourager les opérateurs à retirer rapidement leurs marchandises.
Il a notamment pointé les pratiques de certains courtiers qui, en ajoutant leurs propres marges, contribuent à augmenter les charges des commerçants et peuvent même retarder volontairement les opérations jusqu'à dépasser le délai de franchise de 10 jours. Pour lui, le recours à un commissionnaire en douane agréé constitue une solution importante. Ce professionnel, reconnu par l'administration douanière, peut accompagner le commerçant et prendre les dispositions nécessaires pour permettre l'enlèvement des marchandises dans le délai de franchise.
Mieux maîtriser toutes les étapes de l'enlèvement
Abondant dans le même sens, le Colonel Soro Kounontoho Amidou, représentant de la directrice des services douaniers du port et des services spéciaux, a plaidé pour l'organisation d'ateliers pratiques de sensibilisation, d'information et de formation en complément de la tournée nationale.
Il estime que les commerçants doivent connaître précisément les différentes étapes à suivre dès la passation d'une commande, notamment les documents à fournir, les formalités douanières et les démarches à effectuer auprès des autres structures intervenant dans le processus.
Il a expliqué que lorsque le conteneur est prêt à sortir, le transitaire et son client prennent rendez-vous avec les services douaniers, le professionnel se chargeant notamment de solliciter l'intervention de l'agent des douanes
Il a, lui aussi, insisté sur l'importance de s'attacher les services d'un commissionnaire en douane agréé, capable de fournir des informations fiables et d'orienter efficacement les opérateurs. Il a expliqué que lorsque le conteneur est prêt à sortir, le transitaire et son client prennent rendez-vous avec les services douaniers, le professionnel se chargeant notamment de solliciter l'intervention de l'agent des douanes.
Rappelant la vocation première du port, il a insisté sur la nécessité d'accélérer les opérations de sortie des marchandises. « Le port n'est pas un lieu de stockage. C'est un endroit où la marchandise doit transiter », a-t-il martelé.
Source : Linfodrome
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