Or : La Guinée inaugure sa première raffinerie et coule ses premiers lingots de sa souveraineté.
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Or : La Guinée inaugure sa première raffinerie et coule ses premiers lingots de sa souveraineté.

Par kouassi yohan 03/11/2026 11:11 4 min de lecture

La Guinée vient de mettre fin à l’exportation de son or brut minier. Conakry vient d’inaugurer, le 1er novembre 2026 à Gbessia (Conakry), sa première raffinerie d'or, la Nimba Gold Refinery, en présence du président Mamadi Doumbouya. Depuis juin 2026, l'exportation de l'or brut est interdite. Tout l'or guinéen doit désormais être raffiné sur place avant de quitter le pays.

Soit dix fois la production nationale (environ 70 tonnes en 2025). L'objectif est d'attirer l'or des pays voisins et de faire de la Guinée un hub régional du raffinage. Environ 50 des 70 tonnes exportées en 2025 provenaient de l'orpaillage. L'État pourrait acheter jusqu'à 30 % de l'or des mines industrielles et semi-industrielles pour le raffiner localement. La Guinée rejoint le Mali, le Burkina Faso et le Ghana, qui ont déjà inauguré leurs raffineries. La Côte d'Ivoire devrait ouvrir la sienne en 2027.

Conakry, 1er novembre 2026. En ce jour de célébration du 68e anniversaire de l'Armée nationale, la Guinée a écrit une nouvelle page de son histoire économique. Le président Mamadi Doumbouya a présidé, à Gbessia, l'inauguration officielle de la Nimba Gold Refinery (NGR), la première raffinerie d'or du pays. Un symbole fort : après avoir affirmé sa volonté de défendre sa souveraineté territoriale, Conakry pose un acte concret en faveur de sa souveraineté économique.


« L'or guinéen sera fondu en Guinée, certifié en Guinée, valorisé en Guinée »

En l'espèce, le message présidentiel ne souffre aucune ambiguïté. « L'or guinéen sera fondu en Guinée, certifié en Guinée, valorisé en Guinée », avait déclaré Mamadi Doumbouya en juin, lors de l'annonce du projet. Une promesse devenue réalité ce dimanche, avec la coupure du cordon inaugural et une visite guidée des installations, de la fonderie aux tables de refroidissement et de séchage. L'or extrait du sous-sol guinéen ne doit plus quitter le territoire à l'état brut. Depuis juin 2026, l'exportation de l'or brut est d'ailleurs interdite. Tout l'or guinéen doit désormais être raffiné sur place avant de prendre le chemin de l'international. La décision rompt avec des décennies de exportation de matières premières non transformées.


Les chiffres donnent le vertige. La raffinerie annonce une capacité de 733 tonnes par an, soit dix fois la production nationale, estimée à environ 70 tonnes Conakry veut attirer l'or des pays voisins et devenir un hub régional du raffinage. Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, y voit une avancée significative dans la politique nationale de valorisation des ressources minières.

Le poids de l'or artisanal est considérable : environ 50 des 70 tonnes exportées en 2025 provenaient de l'orpaillage. L'État pourrait aussi acheter jusqu'à 30 % de l'or des mines industrielles et semi-industrielles pour le raffiner localement. Les acteurs de l'orpaillage y voient une occasion de mieux structurer leurs activités, de sécuriser les circuits de commercialisation et d'obtenir une meilleure valorisation de la production nationale.

Des premiers lingots déjà partis à l'export

Fait notable : les premiers lingots raffinés en Guinée sont déjà partis à l'export le 9 octobre, avant même l'inauguration officielle. Sur le plan économique, les ambitions sont considérables : création d'emplois qualifiés pour les jeunes Guinéens, amélioration de la traçabilité de l'or, renforcement de la transparence et meilleure maîtrise de la chaîne de production et de commercialisation.

La souveraineté financière et monétaire. En permettant le raffinage de l'or sur le territoire national, cette infrastructure pourrait contribuer à une meilleure maîtrise des flux aurifères et ouvrir de nouvelles perspectives pour le renforcement des réserves de change de la Banque centrale de la République de Guinée. Le maire de Gbessia n'a d'ailleurs pas caché sa satisfaction d'accueillir une infrastructure industrielle de cette envergure, porteuse de perspectives en matière d'emplois et de développement.

De l'or à la bauxite, une même logique

Et cette ambition ne s'arrête pas à l'or. Dans le secteur de la bauxite, trois autres raffineries d'alumine sont actuellement en construction, traduisant une volonté plus large d'accélérer l'industrialisation du pays. De l'or à la bauxite, le message est sans équivoque : la Guinée veut désormais transformer chez elle ce qu'elle extrait de son sous-sol.

La Guinée suit ainsi le Mali, le Burkina Faso et le Ghana, qui ont déjà inauguré leurs raffineries. La Côte d'Ivoire devrait ouvrir la sienne la dynamique régionale témoigne d'une prise de conscience. Il ne s'agit n'est plus de posséder l'or, mais aussi de maîtriser sa transformation et de capter la richesse qu'il génère. Avec Nimba Gold Refinery, Conakry entend bien peser davantage dans l'économie mondiale.

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