Lutte contre le gaspillage alimentaire : le Comité de Concertation État-Secteur Privé préconise un cadre national.
Le Secrétariat exécutif du Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP) a réuni, le jeudi 22 octobre 2026, à Abidjan, plus de 60 participants issus de l’administration, du secteur privé, de la société civile et des porteurs de solutions, autour d’une étude sur la lutte contre le gaspillage alimentaire en Côte d’Ivoire.
Un tiers de la nourriture produite dans le monde est perdu ou gaspillé, alors que 783 millions de personnes souffrent de la faim. En Côte d’Ivoire, les estimations du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) évaluent le gaspillage alimentaire des ménages à environ 89 kg par habitant et par an, soit près de 2,9 millions de tonnes annuellement. En intégrant la restauration et la distribution, un scénario exploratoire porte ce volume à 4,26 millions de tonnes, soit environ 131 kg par habitant. Ces chiffres restent des ordres de grandeur, en attendant l’établissement d’une référence nationale représentative.
Pour Georges Copré, conseiller technique représentant la secrétaire exécutive du CCESP, Mariam Fadiga Fofana, la réduction du gaspillage constitue une « opportunité de création de valeur », à travers la réduction des coûts, la création d’emplois et le renforcement de la sécurité alimentaire.
Le dialogue public-privé pour lever les obstacles
L’étude, réalisée avec l’appui du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), prolonge les engagements de la Journée nationale du partenariat de novembre 2023, consacrée à la responsabilité sociétale des entreprises. Elle relève un cadre juridique fragmenté concernant les dates de consommation, la sécurité sanitaire, la fiscalité et les dons. Le décret de 1992 interdit notamment la vente ou le don d’un produit dont la date est atteinte, sans distinguer la date limite de consommation de la date de durabilité minimale. Les contraintes fiscales et les responsabilités floues rendent ainsi « plus compliqué de donner que de détruire ». Pourtant, les solutions de redistribution existantes n’utilisent que 34 % de leurs capacités.
Un Pacte national pour coordonner les actions
L’étude recommande une approche mixte et progressive, comprenant neuf recommandations déclinées en 52 mesures : fixation d’objectifs quantifiés, modernisation des règles, facilitation des dons, incitations fiscales et création d’un Pacte national associant l’État et les acteurs de la chaîne alimentaire. Représentant la ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, le directeur de cabinet, Kouadio Jules, a appelé à passer « d’une logique de perte à une logique de valorisation, et d’une logique de gaspillage à une logique de partage ».
Les échanges entre l’administration, la FAO, la Banque alimentaire et les entreprises ont notamment porté sur la révision du décret, les propositions fiscales et la création d’un groupe de travail multi-acteurs sous l’égide du CCESP. L’objectif est de bâtir un cadre « intégré et harmonisé ». « Ensemble, engageons-nous contre le gaspillage alimentaire en Côte d’Ivoire », a lancé le représentant du CCESP.
Source : Linfodrome
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